La postérité, c’est par où?

hulk

Cher François Truffaut,

ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre : le cinéma a besoin de vedettes et de stars. Vous les avez transcendées de Deneuve à Depardieu en passant par Belmondo ou créées comme l’indispensable Jean-Pierre Léaud, votre fils-double. Ici, à Cannes, elles sont chez elles durant ce festival dont elles ont fait la réputation.

On les cherche, on court après l’autographe ou la photo comme une preuve que nous les avons bien vues et, plus encore, qu’elles nous ont vues également. Alors les attroupements cannois, il y en a des dizaines, pour les petites comme pour les plus grandes vedettes. Samedi, il en est un que vous n’auriez sans doute pas compris. D’ailleurs ce n’était pas un attroupement, mais presque une émeute autour d’un des palaces de la ville.  Car star entre les stars, Nabilla était là! Vous me direz : mais qui est-ce et vous aurez raison de poser la question.

Imaginer le néant est difficile pour un littéraire, au-delà des données scientifiques. Eh bien, grâce à Nabilla, nous pouvons désormais mettre un nom sur le concept. Nabilla, c’est le néant avec des seins. Et c’est sans doute ce rien qui attire tant de gens : le rien , il faut le remplir, alors chacun le fait  comme aspiré par un gouffre vertigineux. Certes des starlettes, il y en a toujours eu à Cannes. Mais elles avaient des rêves de cinéma au fond des yeux et ne faisaient pas seulement profession d’être connues. Certaines sont même devenues Brigitte Bardot ou Charlotte Rampling.

Heureusement Cannes a fait aussi la fête à ces formidables jeunes actrices débutantes du film de Céline Sciamma « Bande de filles » : joyeuses, enthousiastes, talentueuses, l’esprit vif et la parole claire, dynamitant tous les clichés sur la banlieue.  Dans 5 ans, où seront-elles et où sera Nabilla? Les chemins de la notoriété sont tortueux. Vous racontiez cette anecdote cruelle : dans un vernissage où vous étiez invité, les participants se pressaient tous autour d’une vedette de la télé, oubliée quelques mois plus tard. Dans un coin, presque seul, un vieil homme en fauteuil roulant : Charlie Chaplin.

Respectueusement vôtre

 

 

Chose promise, chose due, le Grand Journal c’était…

forwomanComme prévu, je suis allée au Grand journal avec mes cops et c’était vendredi soir ! Je vous raconte ?

Invit Grand-journal

Escarpins 10 fois trop grands que j’ai dû rembourrer avec du PQ (Eh oui ! Faut faire avec les moyens du bord. Ils sont à ma sister), top fluo corail (histoire qu’on ne voit que moi) et surtout ma carte d’identité pour pouvoir récupérer MON invit.

Et c’est parti, je me gare vers le marché Forville, me dirige vers le Palais, La Croisette, perds 2 ou 3 fois ma pompe sur le bitume mais personne ne me la ramasse bien évidemment ! Il n’y a pas marqué Cendrillon. Je marche à la fois rapidement et doucement avec une démarche complètement déglinguée pour éviter de me péter la gueule. Et encore, j’évite la crotte de chien.

J’arrive devant les barrières à l’entrée du plateau et là avec les copines on attend ! On attend ! ON ATTENDDD… On récupère nos places, puis on attend ! On attendddd ! On a soif ! On a chaud !!! Comme d’habitude je dis la petite phrase qui va bien : «  les filles ça me soûle, je vous préviens c’est la première et dernière fois, j’ai les pieds qui vont exploser ! »

On s’installe ENFIN sur les gradins derrière les chroniqueurs, au premier rang. Trop contente !

Mais la pire place en fait :-/ Avec le soleil en pleine tête, ça me donnait un air très sympathique genre je suis une serial killeuse et vais tout péter dans 2 minutes. C’est peut-être pour ça que personne ne m’a vu à la télé. À une heure de grande écoute, il fallait éviter de montrer des images chocs.

Trêve de plaisanteries… On papote avec Bruno, le chauffeur de salle qui commence à nous expliquer comment applaudir, comment rire, comment siffler, comment crier ! Au cas où on ne le saurait pas mais pas de souci on gère la crise.

Antoine de Caunes arrive… en kilt. Il paraît que c’était la journée de la jupe hier. On ne sait pas si il était nu sous son kilt et ne le saura jamais !! Pfff… dommage ! Un mec très sympa en tous cas.

L’émission commence Clap clap ! Triiii ! Ha ha ha, Hi hi hi, Oh oh oh, Hiiii, Mwahaha, Gnac Gnac Gnac (Ah non ! ça c’est le rire démoniaque) et les invités s’enchainent : Mads Mikkelsen, Eva Green pour The Salvation, l’équipe du Film Babysitting, Carole Bouquet, Willem Dafoe, Gael Garcia Bernal, Nicolas Winding Refn, membres du jury 2014, Kit Harington, qui incarne le célèbre Jon Snow dans la série Game of Thrones…

Rien d’extraordinaire !!! Une petite soirée sympa, sans prise de tête, à la cool, avec des gens tout à fait ordinaires comme on en rencontre tous les jours. Mais nonnnn !!! C’était un truc de ouf !! Et au final si c’était à refaire, je le referais sans souci.

Rendez-vous l’année prochaine !

Le jour où j’ai rencontré deux pros du cinéma (1/2)

spiderC’est fait, voilà le premier week-end du Festival. Un soleil radieux chauffe le cœur des festivaliers, Cannois et autres touristes. Et il y a toujours autant de monde devant le Palais des festivals. On y trouve des chasseurs d’images, de souvenirs et d’autographes, solidement liés à leurs escabeaux, comme nous l’expliquait Amélie. On y croise surtout des centaines de jeunes (et moins jeunes) gens avec une carte en plastique autour du coup. Qu’ils soient là pour vendre, acheter, ou écrire sur des films, ils font vivre le Festival en même temps qu’ils viennent y travailler.

Fidèle à mon habitude de fureteur en rase-motte, j’ai eu la chance de tomber pied à pied avec deux d’entre eux. Emmanuelle Spadacenta et Aurélien Allin m’apprennent qu’ils sont respectivement rédactrice en chef et rédacteur en chef adjoint du magazine Cinemateaser. Quelle chance !

teaser

Il faut dire que le cinéma et les teaser, ça me parle immédiatement. Cette envie de mettre l’eau à la bouche, d’annoncer sans trop en dévoiler… C’est tout un art ! Prenez l’exemple de ce teaser, qui présente avec brio (avec qui ?) de jolies vidéos de l’INA sur « Des présidents d’exception ». Superbe, non ?

Mais revenons à nos journalistes ciné. Emmanuelle et Aurélien n’ont pas énormément de temps, alors je vais faire vite pour tenter d’en savoir plus sur le pourquoi du comment de leur présence ici.

Pour Aurélien, c’est le dixième Festival en tant que journaliste ; c’est le neuvième pour sa collègue Emmanuelle. Ensemble, pour le mag Cinemateaser, ils m’apprennent qu’ils couvrent cette année leur quatrième rendez-vous cannois – sans compter une première édition 100% numérique, uniquement sur leur site internet.

« C’est le summum de l’année pour tous les journalistes ciné, lance sans détour Emmanuelle, on voit beaucoup de films très intéressants et dans un temps réduit. On rencontre des gens, on voit, on écrit, on discute sur des films : on ne fait que ça pendant dix jours ! On est comme dans une bulle irréelle… »

Aurélien acquiesce : « C’est le Saint-Graal ! Ici on retrouve plusieurs festivals, plusieurs cinémas, et plusieurs films qu’on aurait pas forcément vus ailleurs. A titre personnel, une partie de ma culture ciné a été faite grâce à Cannes. »

Aurélien Allin ne tarde d’ailleurs pas à m’apprendre qu’il est né ici, et que c’est en tant que jeune Cannois qu’il a commencé à arpenter les marches du Palais. Nostalgique d’un temps où le Festival était peut-être plus accessible, il se souvient d’un jour de mai où il avait croisé et échangé avec l’immense Ben Kingsley, qui venait de sortir à pieds du Majestic… « Ces rencontres, cette proximité, c’est l’ancien Cannes. Il existe de moins en moins, sauf pour quelques événements, comme l’arrivée dimanche de l’équipe d’Expendables 3 sur la Croisette… Dans un TANK ! »

Mais rien d’anormal, pour Emmanuelle, dans ce changement de « philosophie » : « Ici, tout le monde est stressé, il y a beaucoup de pression, tout est très cadré, donc ça peut paraître plus sérieux mais on est aussi là pour travailler. »

En écoutant ces mots, je comprends que le temps de tout le monde, à Cannes, est compté. Déjà, une nouvelle projection presse s’annonce. Bientôt, une nouvelle montée des marches. Nous continuons cependant à discuter, et j’ai encore beaucoup de choses à vous raconter sur le passionnant métier de journaliste ciné à Cannes.

La suite, au prochain numéro… Avec plus d’anecdotes, de témoignages, de vécu… Bref, du cinéma comme on en lit rarement !!!

Si c’est pas du teaser, ça !!!

J’peux pas, j’ai piscine

catwomanChaque année, le Festival nous sort une nouvelle mode.
La tendance ne se situe pas sur les podiums mais défile sur les buffets.
L’année dernière, le festival était clairement foodporn.
Plus vous mangiez gras ou sucré, plus vous étiez hype. Ce qui tombait plutôt très bien me concernant, étant plutôt dans cette tendance tout le reste de l’année, je n’avais donc pas trop d’efforts à faire pour me sentir complètement intégrée dans cette mouvance.

C’était un concours de calories étalées fièrement et sans complexes sur les buffets gargantuesques des plages et des villas.
Le débrief du lendemain consistait à classer le niveau des soirées sur une échelle de 1 à crise de foie.
 » – Alors c’était comment ta soirée?
– Pas mal, mais la tarte au citron n’était pas meringuée
–  Ouais… la faute ! et toi, la tienne?
– Génial, il y avait une fontaine de fromage qui coulait toute la soirée. La grande grande classe, j’ai été malade toute la nuit, c’était LA soirée du Festival »

Mais ça, c’était tellement 2013…
Première soirée, premier choc de la réalité 2014.
Des femmes sculptées comme des danseuses étoiles se déplaçaient, que dis-je, virevoltaient de toute leur grâce en pas chassés avec des feuilles dans leurs verres.

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Une horde de Nathalie Portman en devenir s’agglutinait au bar pour commander des bâtonnets glacés aux épinards frais et des smoothies aux fleurs.

Toujours partante pour être au top de la tendance , je me laissai tenter par un cocktail «cresson – pomme verte – basilic thaï – concombre – fleurs de capucines»

« – Excusez-moi…Monsieur? Monsieur le barman? Youhouu?
– Oui madame, que puis-je faire pour vous?
– Dites-moi, je pourrais avoir un peu de gin et de sucre dans ma salade à boire s’il vous plait?
– ah je suis désolée, mais cette année, nous ne faisons que de la detox, d’ailleurs, souhaitez-vous vous inscrire aux cours de Pilates? nous en proposons tous les jours à 6h du matin?»
– C’est pas un peu tôt pour donner des cours de cuisine? »

Le barman me lança un regard entre la pitié et le quinoa qui voulait clairement dire « Elle a morflé Black Swan »

Le festival 2014 était bel et bien healthy. Il fallait que je me fasse à cette idée
Ni une ni deux, je me mis à la recherche du sport que j’allais pratiquer pendant ce festival.
Procédons par élimination : Il fait beau, je veux un sport en plein air.
En passant Boulevard du Midi à 8h du matin, la pensée d’aller rejoindre ce monsieur m’a effleuré l’esprit. Mais juste effleuré.

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La température est encore trop fraiche pour moi et les glaçons, je les préfère dans mes piscine de rosé.
Piscine… Piscine… Mais voilà !

J’avais justement lu il y a quelques temps un article de Cannes Soleil qui avait annoncé la rénovation et l’ouverture du Parc Montfleury avec ses tennis, ses jardins et sa PISCINE et je n’avais pas encore eu l’occasion d’y aller.
Donc si vous me cherchez, je serai à la «Villa Montfleury» et si vous me cherchez vraiment, je serai à la buvette du Parc Monfleury.

J’ai vu un blockbuster rue d’Antibes !

spiderQuelle ne fût pas ma surprise, ce matin, en me baladant rendant au travail par la rue d’Antibes. J’avance à un rythme soutenu, la tête plongée dans mes pensées (mon prochain billet, mon prochain film, mon prochain coupé-cabriolet… hum, mes pensées ne sont pas toujours réalistes), quand je manque de trébucher sur un touriste ! Je relève la tête, et je m’aperçois que le touriste n’est pas seul (notez qu’ils se baladent souvent en bande). Une dizaine de paires d’yeux, derrière leur smartphone, scrutent un point précis au dessus de leur tête.

« Monsieur, quand le doigt montre le ciel, l’imbécile regarde le doigt ! »

Me remémorant cette savoureuse citation du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, et me prenant quelque peu pour Mathieu Kassovitz, je fais donc comme tout le monde et lève la tête :

super2 super3

Un collègue super-héros qui traverse un mur !!!

Après m’être dit que des mecs musclés en collants qui cassent des briques ça ne court pas les rues (enfin, sauf rue d’Antibes), et m’être demandé si cet ersatz de Superman avait fait une demande d’autorisation de démolition, j’ai repris mon chemin. C’est que je ne peux pas toujours avoir la tête en l’air non plus !

La Guerre des billets (2)

hulk     Cher François Truffaut,

 pardonnez-moi de vous avoir abandonné lors de ma précédente lettre mais le temps est compté aux non-accrédités.  La cohue dans laquelle la foule avait porté Jean-Pierre Léaud en triomphe à l’issue de la projection des « 400 coups » vous semblerait mer plate en comparaison de l’ouragan digne du Magicien d’oz qui emporte les Festivaliers au pied des différentes entrées du Palais.

Mais au moins lorsque l’on fait partie de l’ouragan, il suffit au fond de se laisser porter. Car si l’on est là, c’est que l’on dispose du précieux sésame : une invitation. Il y a les chanceux, ceux qui ont obtenu une place par le tirage au sort organisé par la municipalité et qui permet à 1500 Cannois d’assister à une projection, bien entendu les accrédités, et les autres. Comme moi. « Amour du cinéma ne vaut pas badge » dit un célèbre proverbe que je viens d’inventer mais que, pour des raisons de prestige, je préfère attribuer à Woody Allen un peu plus connu que moi (pour l’instant!).

Entre l’envie de voir tel ou tel film et s’asseoir dans la salle il y a donc ce redoutable obstacle: obtenir le billet. Un défi intellectuel et physique. Intellectuel car il vous faudra convaincre, physique car il faudra réveil à l’aurore et résistance. Niveau horaire, la séance de 8h30 est un bon objectif. Si l’ami de la concierge du fils de quelqu’un qui connaît bien le boulanger de Thierry Fremeaux n’a pu vous donner la place « mais ça a failli », ne vous reste plus qu’à vous lever vers 5h30, prendre un frugal petit déjeuner et traverser la ville, direction le Palais. Vous en profiterez pour constater que si c’est beau une ville la nuit, Cannes l’est aussi dès le petit matin par une propreté sans failles des rues et des lieux publics, grâce au travail méticuleux et efficace de tous les agents. 

Devant le Palais, deux options. Prendre le regard abattu du supporter de l’Olympique Lyonnais après une nième défaite et quémander d’une voix frêle: « Madame, Monsieur, z’auriez  pas une place SVP ». L’étranger qui ne vous comprend pas vous prend pour un rom qui voudrait lui nettoyer les verres de ses lunettes à défaut de pare-brises, le francophone vous comprend mais vous fait sentir que vous n’êtes pas du même monde. Il faut donc passer à la vitesse supérieure: la pancarte.

Ah , la pancarte. Il y a quelques années c’était un carton griffonné,écrit à la main, relativement illisible mais symboliquement compréhensible. L’ordinateur a changé tout ça et désormais ce sont de véritables oeuvres graphiques ou humoristiques à laquelle sont confrontés les heureux accrédités. C’est ainsi que l’autre jour, j’ai croisé Samantha sortant de soirée, talons hauts dans une main, pancarte dans l’autre pour des places pour Dragons 2 où elle n’hésitait pas à menacer: « Attention, sans place, je crache du feu.. » 

Après une attente interminable avec votre pancarte finement intitulée « Qui va à la chasse (au billet), gagne une place » ,vous entrez enfin dans la salle. Vous êtes heureux, tout en haut du balcon, roi du monde. Prêt à voir le Tommy Lee Jones. Sauf que… vous vous êtes trompé de jour et c’est la projection du film serbo-croate de 3h30 sur la pollution dans les terres agricoles qui commence….

Respectueusement vôtre…

Princesse Grasse

superwoman

« Allôoooo , Sam ? »

« Vouiiiiii ? »

« J’ai gagné deux places au tirage au sort pour aller voir Grace de Monaco demain à 23 heures !!! Tu viennnnnns ? Allez quoi, viens !»

C’était mardi soir, la veille de l’ouverture, un coup de fil de ma copine Jo. Vous savez, le genre libre comme une chanson de Georges Michaël, toute légère, qui peut là, comme ça, tout de suite, décider d’aller prendre un apéro après le boulot ET de prolonger la soirée. Pas de loulous, par d’Homme, ça se passe juste entre elle et elle.

Rapide calcul. Donc pour y aller, je dois :

1)      M’organiser avec ma mère pour garder Flick et Fluck (L’Homme travaille tous les soirs pendant le Festival. C’est bon pour le développement économique de la ville, moins bon pour la gestion babysitting de mes soirées filles)

2)      Ressortir une robe de soirée

3)      Rentrer dedans sans hurler après le miroir

4)      Trouver les godasses qui vont avec

5)      Rentrer dedans sans hurler de douleur

6)      Ne pas décompter pendant le film le nombre d’heures de sommeil qu’il me restera avant le lever du lendemain pour aller bosser.

Allez, j’me laisse tenter. Après tout, c’est le premier jour du Festival ! J’appelle ma mère, toujours dispo… mais toujours sans permis. Pas grave, je suis mo-ti-vée j’vous dis !

Mercredi, branle-bas de combat ! Petit allez retour pour installer mémé à la maison, petites courses pour remplir convenablement le frigo (« La vérité, ma chérie, on ne va pas leur faire des surgelés à tes petits »). Reste la séance essayage.

Première tentative, ma vieille robe noir, très « Festival de Cannes 1993 ». Argh. Explosion de coutures en vue, allure royalement « Princesse Grasse », verdict de mon pré ado de Flick, sans appel : « Maman, tu vas à une soirée sur la plage Herta ? »

Ok, OK, on se reprend. On s’extirpe de la robe Knacki-vintage et on réfléchit. L’autre là, la rouge (oui, carrément, assortie au tapis de 60 m, à peu près aussi longue et aussi discrète !) achetée mais jamais mise pour le mariage de la copine Val. Ah ben voilààààà.

Regard émerveillé de Fluck : « Ouhahhh, maman, elle est trop belle ta robe !! « »

Moi : (flattée) Merciiii ma chérie !

Elle (prévoyante) : « Tu me la donneras quand tu seras morte ? »

Moi : (….)

Bon, sinon, du côté de Flick ? «Cool maman, on dirait presque que tu es jeune !! »

Re : (…)

Reste ma mère qui débarque dans la chambre : «  Tu vas sortir avec un décolleté pareil ? »

Ouhlaaa, une seule solution, fuir en courant, en considérant que chaque pas sur un talon de douze s’apparente à une séance de torture japonaise.

Entre dans ta voiture, mets tes ballerines pour conduire, arrive au parking Ferrage, enlève tes ballerines et remet les talons tortionnaires. Dernier ravalement raccord maquillage. Tente de faire rentrer ton portable dans ta micropochette…. Ouf, allez, tu y es presque Sam !!

Telle une Amazone je fends la nuit pour rejoindre Jo qui doit m’attendre rue Hoche. Je suis la reine de la rue piétonne (quelle bonne idée de l’avoir piétonnisée, mais que ces gens ont l’air détendus sur ces terrasses, mais qu’ils sont beaux !!). J’avance, tout décolleté en avant, digne, le port altier, quasi-monégasque, snobant la douleur. Je suis libre comme la chanson de Georges Michaël, je suis Grace et pas grasse (oui, bon, un peu quand même !! Quoi un peu plus ???).

Je me poste glamoureusement devant le resto et j’attends.

Et j’attends

Et j’attends encore.

Vingt minutes et autant d’ampoules plus tard, mon tel sonne. « Sam, c’est Jo ! Désolée, j’ai pas pu quitter l’appart, un début de gastro sûrement !! On remet ça dans la semaine ?»

(…)

Bon.

(…)

Je repars, drapée dans ma dignité et ma robe tapis rouge. Je retourne au parking. Aïe. Aïe. Aïeuuuuu. Pffff, même pas mal. J’arrive à la caisse. Arghhh. C’est quoi ce crack ? Ben voilà, plus qu’un talon tortionnaire sur deux. Oh et puis sans les chaussures, ce sera mieux, quitte à nettoyer le sol du parking avec le tapis rouge (j’suis à deux doigts de balancer les godasses à la poubelle).

J’ouvre ma micropochette devant la caisse et je cherche… sans succès le porte-monnaie que j’ai enlevé faute de place (mais c’est quoi ce p*** de bout de tissu, le sac de poupée de ma fille ???).

Je n’ai pas un euro pour payer le parking, pour rentrer chez moi… Ça y est, je vais exploser !

Et soudain… l’illumination ! J’introduis mon ticket dans l’appareil : « Montant à payer : 0 euros »

AHHHHHHHHH, mais ouiiiii, je me souviens, LA PREMIERE HEURE EST GRATUITE DANS LA PLUPART DES PARKINGS DE CANNES  !!!!

Je relève la tête. Je suis à nouveau une Princesse… qui va pouvoir aller se coucher !

Digne, toujours !

Princesse

Les pétunias attacks!

forwomanDésolée pour les fans de Tim Burton, ce n’est pas le titre de son nouveau film !

Les pétunias se sont simplement incrustés sur La Croisette pour le Festival. Tranquillou ! Violet, jaune, rose… Ils sont près de 20 000 à avoir envahi la planète cannoise.

J’avoue qu’en voyant ces longues fleurs tubulaires, j’ai flippé un truc de malade ! Mais, après avoir fait connaissance – très sympas d’ailleurs – j’avais envie de me jeter dedans pour faire ma sieste. Bon entre nous,  je pense que les jardiniers des espaces verts de la ville n’auraient pas apprécié et je les comprends.

Au final, les petits bonhommes verts ce sont eux !! Ils plantent, replantent, re-replantent toujours et encore pour captiver l’attention des festivaliers et les séduire pour qu’ils reviennent chaque année. Brr…!  Ça fait froid dans le dos, non ?

Ne vous inquiétez pas, nous résisterons encore et toujours à l’envahisseur !

Dans tous les cas, ce soir de belles plantes vont monter les marches ! Rendez-vous devant le Palais à 19h.

Les pétunias de La Croisette      Les pétunias sur La Croisette

Cannes Fait Le Mur

catwoman

Cannes Fait Le Mur, c’est plus qu’une exposition de photographies sur les murs de la Ville,

Cannes Fait Le Mur, c’est plus que des représentations de stars de cinéma en format géant,

Cannes Fait Le Mur, c’est mon moment du festival, rien qu’à moi, même s’il appartient à tous les Cannois, tous les passants, tous les festivaliers,

Cannes Fait Le Mur, ça fait 10 ans que ça dure, et à la 11ème édition, lorsque la photo géante sur l’hôtel de ville est dévoilée, je pleure toujours.

Je le sais pourtant, je devrais être habituée. Mais non, lorsque la bâche tombe et que la musique se lance, une larme d’émotion coule le long de ma joue, et elle déclare le Festival de Cannes officiellement ouvert.

Bon, l’année prochaine… j’arrête de pleurer.

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Presque Kevin Spacey et moi…

catwoman

Ah les amis du Festival…Les festipotes,
Qui sont-ils, quels sont leurs réseaux, tout ça tout ça…

A cette dernière question, la réponse est très simple : leurs réseaux, c’est moi.
Je suis pour eux une sorte de 5G qui afficherait toujours 6 barres pleines du 14 au 25 mai sur leur téléphone. Et ça, je l’ai bien capté.
Un réseau, qu’est-ce que c’est exactement?
« Ensemble interconnecté — fait de composants et de leurs inter-relations — autorisant la circulation en mode continu ou discontinu de flux (eau, air, huile…) ou d’éléments finis (marchandises, informations, personnes…) »
Voilà, c’est à peu près ça, sauf qu’il s’agit rarement d’eau.

Qui sont-ils ? On les reconnait assez facilement :
– Ils habitent près de chez vous, mais ils demandent de vos nouvelles uniquement les mois qui finissent en « ai »
– Ils sont enregistrés dans votre répertoire à des noms très approximatifs, parfois même à une seule lettre. Il y a par exemple « J » qui signifie « j’ai pas le temps de noter ton nom en entier mais je le ferai demain, sauf que demain j’aurai oublié comment tu t’appelles » Ils peuvent aussi être enregistrés à des noms de codes comme Kevin Spacey. Ce n’est pas le vrai, c’est le presque (si si, vite fait, il pouvait lui ressembler… dans le noir), Et puis enfin les petits surnoms affectueux (Bogoss, Bogoss1, Bogossdu75) et moins affectueux (Pudubek, Pudébra…)
– Et enfin, il y a ceux que tu ne connais pas encore, que tu vas rencontrer pendant le festival, qui vont être tes meilleurs amis-pour-la-vie jusqu’au dernier dimanche du festival. Ensuite, vous ne vous reverrez plus jamais et personne ne sera triste.

Petit extrait d’une conversation type et ses quelques variantes lorsque qu’un festipote t’appelle :
« Mais Valentine !!!! Comment ça va ma belle depuis le temps ? T’habites toujours à Cannes ? Tu pourrais m’héberger du 17 au 21 mai, ça me ferait tellement plaisir de te revoir !! Dis, au fait, t’as des plans pour monter les marches/les soirées/les concerts/Les accréditations/les after/les before/rentrer chez Albane/Nager avec les dauphins »

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Alors écoute-moi bien Presque Johnny Deep, Ok pour t’héberger.
En revanche, ne compte pas sur moi pour faire le taxi et te récupérer toi et ta Presque Kate Moss complètement déchirés à 6h du matin sur la Croisette.
Tu veux un bon plan ? Tiens, voilà à quoi ressemble le véhicule qui peut venir te ramasser pour pas un rond !
Et tu as de la chance, pendant le Festival des tournées supplémentaires sont organisées dans l’après-midi.

Bon, l’année prochaine, j’arrête les festipotes.