Blette comme choux

catwomanCannes, 10ème jour, 6h30 (oui, du matin)
Une heure fantastique en plein festival de Cannes, le chassé-croisé des noctambules qui ne sont pas encore couchés et des travailleurs qui se lèvent, m’offre un spectacle assez impressionnant.
Les balayeuses-arroseuses qui sont là depuis 4h du matin et qui finissent leur première tournée croisent tout naturellement les jeunes femmes à talons compensés. Les cafés ouvrent, certains bars ferment. Il fait déjà un temps radieux sur cette ville qui semble ne jamais se reposer.
Moi, je ne suis ni sur une benne, ni sur des échasses, je fais partie de cette autre catégorie de personnes que l’on croise au petit matin. J’ai moi-même du mal à le reconnaitre mais force est de constater qu’être sur la Croisette, en baskets, en train de faire un footing fait de moi une … sportive.

A force de boire des plantes, de manger des fleurs et de fréquenter les complexes sportifs pour être dans la tendance « healthy » de ce Festival, j’y ai pris goût et j’en redemande.

Bon, le truc c’est que … J’ai faim. J’ai FAIM, j’ai FAIM, j’ai FAIM !
J’ai hâte que le festival se termine uniquement pour pouvoir commander sans vergogne un steak-frites-salade sans la salade.

6h45, j’ai toujours faim. Mon parcours de joggeuse et mon estomac qui gargouille me mènent au Marché Forville.
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Sur un des bancs, je distingue des blettes de toute beauté. Je m’imagine déjà toutes les manières de les cuisiner : Tourte aux blettes, côtes de blettes à la béchamel, gratinées… heu pardon : Bâtonnets glacés à la blette, soupe glacée de blettes à la coriandre, cocktail détox blettes/citron/gingembre…

Bref, je repars avec 2 bouquets de blettes sous le bras. Un pour moi, l’autre pour offrir.

En sortant du marché je me fais interpeller par 2 dames en talons hauts de chez « chut chut, pas de marques »

– “OH MY GOD, look at her… Beautiful ! » me lancent-elles
– « Heu… tinkiou tinkiou but you know, it’s just an old petit tee-shirt de rien du tout in biologic coton »
Bon, j’ai vite compris que les miss Wisconsin 1997 et 1998 étaient en fait en extase devant mes blettes.
– « Oh you’re talking about my blettes ? »
– « How do you say? Belette? »
– « No, Belette is a petit animal. B.L.E.T.T.E.S »

Elles demandent où elles peuvent en trouver. Elles ont une « green party » demain soir et arriver avec des blettes serait du plus bel effet.
Me voilà donc en train de faire marche arrière et de leur faire visiter les bancs des agriculteurs.

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– Vous y êtes, here we are, tous les produits que vous voyez ici sont issus de l’agriculture locale, navets, choux, cebettes… nous avons des agriculteurs à la Siagne, you know La Vallée de la Siagne ? »
Elles se sont mises à devenir hystériques et à pousser des petits cris très très aigus en applaudissant très très vite.
Elles ont commencé à prendre des selfies avec leur bouquet de blettes et se sont entrainées à prononcer « Vallée de la Siagne » pour pouvoir le replacer dans une conversation en soirée.
La Siagne était en train de devenir « the place to be »

La tendance de Festival me fascine. Bon, je vous laisse, j’ai faim.