Clap de fin (?)

hulk

 

Cher François Truffaut,

le palmarès, vous le savez, c’est en quelque sorte le 400è et dernier coup du Festival. Et ce 400è coup, il faut bien dire qu’on l’a pris en pleine face, nous laissant quelque peu K.O. Comme vous l’auriez aimé, François, ce jeune Xavier Dolan, transi d’amour pour le cinéma, pour ses comédiens, dont les mots ont touché au plus profond. Oh oui, comme il nous a rappelé quelqu’un! Le jury ne l’a pas détesté, il lui a donné le Prix qui porte son nom, mais il ne l’ a pas assez aimé. Et ne pas aimer suffisamment, c’est mal aimer ..

Et ce Prix du Jury, lui le benjamin, l’a partagé avec le doyen, l’ermite suisse Godard, qui a dit « Adieu au langage » après avoir dit adieu au cinéma depuis longtemps. Ses courtisans, à force de le flatter pour tout et n’importe quoi, lui ont fait oublier qu’il fût un génie. Alors, puisque Dolan n’était pas au rendez-vous de la Palme d’or, nous l’avons espéré pour « Timbuktu » ce très grand film choc si émouvant qui porte en lui, tout comme son scénario, à la fois une idée du cinéma et du monde, une réflexion, un témoignage. Comment oublier la scène où des adolescents jouent au foot  sans ballon, se contentant d’en mimer les gestes parce que le sport est interdit par les Islamistes? Mais c’était compter sans ce curieux jury qui lui préféra le film turc « Winter sleep », 3h20 de conversations en huis-clos entre trois personnages bloqués dans un hôtel.

Il convient néanmoins ici de rappeler à la super-maman Samantha, qui de manière mi-amicale, mi-fourbe a essayé de nous refiler les places gagnées à la sueur du front de son mari et de ses enfants que le sujet  « En hiver la neige recouvre la steppe, tandis que les rancœurs s’avivent »  est le même que celui des « Bronzés fait du ski », dont le film est un remake (très) officieux. Petites précisions pour les Cannois qui vont découvrir la Palme au Palais des Festivals et des Congrès, grâce à la Mairie: se munir de biscuits, et tenter de se placer en bout de rangée, sait-on jamais. Cependant, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise, comme dirait Chuck en allant voir  » Massacre à la tronçonneuse: les requins attaquent, le retour »..

Cher François, ce Festival était aussi le dernier en fonction officielle de votre ami Gilles Jacob. Trente-six ans au service de la plus grande manifestation culturelle du monde valait bien le superbe hommage tout en culture, en humour et en amitié que lui a rendu le maire de Cannes, David Lisnard. Car, Cannes a un maire cinéphile, ce qui tombe bien. Et si c’est peut-être  un détail pour certains, pour moi ça veut dire beaucoup.

Je vous l’avais promis, j’ai échoué: impossible de rencontrer Jean-Pierre Léaud. Peut-être est-ce mieux ainsi: à quoi sert une quête si elle se termine? D’ailleurs, j’ai réalisé l’exploit dans ce Festival, de ne rencontrer aucune vedette , pas même petite, pas même de son quartier. Mais j’ai fait mieux: figurez-vous que je connais la véritable identité des quatre autres super-auteurs de ce blog. Mais, les règles d’un bon cliffhanger sont claires: je ne révélerai rien avant la saison 2…

Permettez-moi pour cette dernière (?)  lettre de signer cette fois affectueusement vôtre…

 

P.S : Merci à mes quatre co-auteurs pour leur super-drôlerie, leurs regards, leur finesse. Je les embrasse.

 

 

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