Montée des marches et Cannes glacée

spiderHier, j’ai eu une chance incroyable. Alors que je m’imaginais passer une fin de journée semblable à celle de mon dimanche après-midi sur la Croisette – c’est-à-dire à observer avec des fourmis dans les jambes et des étoiles dans les yeux l’incroyable bande de gros bras d’Expendables 3 arrêter leurs chars (n’est-ce pas Samantha ?), pressé contre des dizaines d’autres Cannois en transe (voire en transpiration) – j’ai monté les marches du Festival.

Pourquoi moi ? Parce que j’ai une amie géniale, et que j’ai obtenu une invitation inespérée. Plus heureux encore que devant Stallone, Swarzenegger, Statham et compagnie, j’ai mesuré l’importance d’avoir la chance d’être Cannois, et de vivre le Festival de Cannes. Pas uniquement parce que j’avais la chance d’accéder au Palais, mais aussi parce que j’avais conscience que cette chance existait.

Avec moi, autour de moi, c’était l’effervescence. Des robes connues, des smokings inconnus ; des visages familiers, des photographes « au taquet ». Il faut dire que j’accédais au célèbre et si convoité tapis rouge en même temps que l’équipe du film Geronimo de Tony Gatlif. Derrière moi, j’ai ensuite entendu un mouvement de foule en provenance de la masse d’escabeaux installée devant les marches. Une célébrité venait vraisemblablement de descendre de son carrosse noir, moteur V8 et vitres teintées. Le temps de me retourner et j’apercevais une grande blonde. Cette belle plante, façonnée par les mains expertes et talentueuses de Dame nature, puis certainement retravaillée par la main de l’homme (un peu comme les œuvres de Land Art exposées sur l’île Sainte-Marguerite), c’était Victoria Silvstedt. Et elle me talonnait.

Je l’ai regardé, elle m’a regardé, un vigile m’a poussé en me demandant de bien vouloir « avancez s’il vous plait ». Bref, j’ai monté les marches.

 

Le film, Deux jours, une nuit des frères Dardenne, m’a plutôt plu. L’expérience d’assister à la projection aux côtés d’invités prestigieux et de l’équipe du film – dont Marion Cotillard, une fois de plus en larmes – et qui plus est dans le magnifique Théâtre Lumière, fut également bluffante, éblouissante, enthousiasmante. Si je n’étais pas moi – ou pas Cannois – je dirais que « j’ai kiffé », tout simplement.

Non content d’avoir joui de moments privilégiés (mais qui, encore une fois, sont accessibles si on se donne les moyens de récupérer des billets… petite pensée pour mon super-collègue Doinel), j’ai remis ça une pincée d’heures plus tard.

Là encore, la chance m’a souri. Alors que je rentrais chez moi par la Croisette, le corps groggy d’avoir été si longtemps compacté dans un costume un poil trop serré, et les pieds douloureux car trop peu habitués à être encastrés dans des petits souliers de cérémonie, voilà qu’on m’alpague. Une âme, blottie dans le corps charmant d’une hôtesse court vêtue, me déblatère quelques mots avant de me tendre un carton de format A5. Me voilà, l’ayant récupérée malgré moi car pris d’un élan de politesse, l’heureux détenteur d’une invitation à une « soirée sur la plage ».

Ni une, ni deux, fidèle à ma réputation de festivalier sobre et sérieux, je refuse. Mais l’hôtesse est déjà repartie, et avec elle toute ma motivation. D’autant qu’entre temps mes yeux se sont perdus sur un drapeau flottant au vent, portant le logo d’une marque de glaces gourmandes bien connue. Sans trop savoir si l’invitation est liée à cette marque, je m’avance vers un groupe de gens qui patientent devant deux, trois agents de sécurité. Rapidement, me laissant porter par le groupe, j’accède à la soirée.

A l’intérieur, il y a des gens qui dansent et font la fête. Et puis sur la gauche, il y a un grand stand qui attire mon attention : une véritable fabrique de délice glacé ! Malgré l’heure tardive, malgré la fraîcheur de la soirée, malgré mes résolutions anti-gourmandises pour 2014… Je décide de me laisser tenter. Hop, hop, en quelques coups de poignet et de bâtonnet en bois, une charmante hôtesse (une de plus !) me crée la glace de mes rêves. Crème vanille, nappage chocolat blanc et pour assaisonner le tout, quelques grains de riz soufflés, des violettes cristallisées et des miettes de biscuit au chocolat noir… Bref, j’ai tiré un trait sur mon costume moulant de Spider-Man.

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Le ventre plein et des étoiles plein la tête, les pointes des pieds endolories mais la fierté au beau fixe, je suis rentré chez moi, tranquillement. Nos rêves s’éveillent tous les jours à Cannes, surtout pendant le Festival.

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