La postérité, c’est par où?

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Cher François Truffaut,

ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre : le cinéma a besoin de vedettes et de stars. Vous les avez transcendées de Deneuve à Depardieu en passant par Belmondo ou créées comme l’indispensable Jean-Pierre Léaud, votre fils-double. Ici, à Cannes, elles sont chez elles durant ce festival dont elles ont fait la réputation.

On les cherche, on court après l’autographe ou la photo comme une preuve que nous les avons bien vues et, plus encore, qu’elles nous ont vues également. Alors les attroupements cannois, il y en a des dizaines, pour les petites comme pour les plus grandes vedettes. Samedi, il en est un que vous n’auriez sans doute pas compris. D’ailleurs ce n’était pas un attroupement, mais presque une émeute autour d’un des palaces de la ville.  Car star entre les stars, Nabilla était là! Vous me direz : mais qui est-ce et vous aurez raison de poser la question.

Imaginer le néant est difficile pour un littéraire, au-delà des données scientifiques. Eh bien, grâce à Nabilla, nous pouvons désormais mettre un nom sur le concept. Nabilla, c’est le néant avec des seins. Et c’est sans doute ce rien qui attire tant de gens : le rien , il faut le remplir, alors chacun le fait  comme aspiré par un gouffre vertigineux. Certes des starlettes, il y en a toujours eu à Cannes. Mais elles avaient des rêves de cinéma au fond des yeux et ne faisaient pas seulement profession d’être connues. Certaines sont même devenues Brigitte Bardot ou Charlotte Rampling.

Heureusement Cannes a fait aussi la fête à ces formidables jeunes actrices débutantes du film de Céline Sciamma « Bande de filles » : joyeuses, enthousiastes, talentueuses, l’esprit vif et la parole claire, dynamitant tous les clichés sur la banlieue.  Dans 5 ans, où seront-elles et où sera Nabilla? Les chemins de la notoriété sont tortueux. Vous racontiez cette anecdote cruelle : dans un vernissage où vous étiez invité, les participants se pressaient tous autour d’une vedette de la télé, oubliée quelques mois plus tard. Dans un coin, presque seul, un vieil homme en fauteuil roulant : Charlie Chaplin.

Respectueusement vôtre

 

 

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