Princesse Grasse

superwoman

« Allôoooo , Sam ? »

« Vouiiiiii ? »

« J’ai gagné deux places au tirage au sort pour aller voir Grace de Monaco demain à 23 heures !!! Tu viennnnnns ? Allez quoi, viens !»

C’était mardi soir, la veille de l’ouverture, un coup de fil de ma copine Jo. Vous savez, le genre libre comme une chanson de Georges Michaël, toute légère, qui peut là, comme ça, tout de suite, décider d’aller prendre un apéro après le boulot ET de prolonger la soirée. Pas de loulous, par d’Homme, ça se passe juste entre elle et elle.

Rapide calcul. Donc pour y aller, je dois :

1)      M’organiser avec ma mère pour garder Flick et Fluck (L’Homme travaille tous les soirs pendant le Festival. C’est bon pour le développement économique de la ville, moins bon pour la gestion babysitting de mes soirées filles)

2)      Ressortir une robe de soirée

3)      Rentrer dedans sans hurler après le miroir

4)      Trouver les godasses qui vont avec

5)      Rentrer dedans sans hurler de douleur

6)      Ne pas décompter pendant le film le nombre d’heures de sommeil qu’il me restera avant le lever du lendemain pour aller bosser.

Allez, j’me laisse tenter. Après tout, c’est le premier jour du Festival ! J’appelle ma mère, toujours dispo… mais toujours sans permis. Pas grave, je suis mo-ti-vée j’vous dis !

Mercredi, branle-bas de combat ! Petit allez retour pour installer mémé à la maison, petites courses pour remplir convenablement le frigo (« La vérité, ma chérie, on ne va pas leur faire des surgelés à tes petits »). Reste la séance essayage.

Première tentative, ma vieille robe noir, très « Festival de Cannes 1993 ». Argh. Explosion de coutures en vue, allure royalement « Princesse Grasse », verdict de mon pré ado de Flick, sans appel : « Maman, tu vas à une soirée sur la plage Herta ? »

Ok, OK, on se reprend. On s’extirpe de la robe Knacki-vintage et on réfléchit. L’autre là, la rouge (oui, carrément, assortie au tapis de 60 m, à peu près aussi longue et aussi discrète !) achetée mais jamais mise pour le mariage de la copine Val. Ah ben voilààààà.

Regard émerveillé de Fluck : « Ouhahhh, maman, elle est trop belle ta robe !! « »

Moi : (flattée) Merciiii ma chérie !

Elle (prévoyante) : « Tu me la donneras quand tu seras morte ? »

Moi : (….)

Bon, sinon, du côté de Flick ? «Cool maman, on dirait presque que tu es jeune !! »

Re : (…)

Reste ma mère qui débarque dans la chambre : «  Tu vas sortir avec un décolleté pareil ? »

Ouhlaaa, une seule solution, fuir en courant, en considérant que chaque pas sur un talon de douze s’apparente à une séance de torture japonaise.

Entre dans ta voiture, mets tes ballerines pour conduire, arrive au parking Ferrage, enlève tes ballerines et remet les talons tortionnaires. Dernier ravalement raccord maquillage. Tente de faire rentrer ton portable dans ta micropochette…. Ouf, allez, tu y es presque Sam !!

Telle une Amazone je fends la nuit pour rejoindre Jo qui doit m’attendre rue Hoche. Je suis la reine de la rue piétonne (quelle bonne idée de l’avoir piétonnisée, mais que ces gens ont l’air détendus sur ces terrasses, mais qu’ils sont beaux !!). J’avance, tout décolleté en avant, digne, le port altier, quasi-monégasque, snobant la douleur. Je suis libre comme la chanson de Georges Michaël, je suis Grace et pas grasse (oui, bon, un peu quand même !! Quoi un peu plus ???).

Je me poste glamoureusement devant le resto et j’attends.

Et j’attends

Et j’attends encore.

Vingt minutes et autant d’ampoules plus tard, mon tel sonne. « Sam, c’est Jo ! Désolée, j’ai pas pu quitter l’appart, un début de gastro sûrement !! On remet ça dans la semaine ?»

(…)

Bon.

(…)

Je repars, drapée dans ma dignité et ma robe tapis rouge. Je retourne au parking. Aïe. Aïe. Aïeuuuuu. Pffff, même pas mal. J’arrive à la caisse. Arghhh. C’est quoi ce crack ? Ben voilà, plus qu’un talon tortionnaire sur deux. Oh et puis sans les chaussures, ce sera mieux, quitte à nettoyer le sol du parking avec le tapis rouge (j’suis à deux doigts de balancer les godasses à la poubelle).

J’ouvre ma micropochette devant la caisse et je cherche… sans succès le porte-monnaie que j’ai enlevé faute de place (mais c’est quoi ce p*** de bout de tissu, le sac de poupée de ma fille ???).

Je n’ai pas un euro pour payer le parking, pour rentrer chez moi… Ça y est, je vais exploser !

Et soudain… l’illumination ! J’introduis mon ticket dans l’appareil : « Montant à payer : 0 euros »

AHHHHHHHHH, mais ouiiiii, je me souviens, LA PREMIERE HEURE EST GRATUITE DANS LA PLUPART DES PARKINGS DE CANNES  !!!!

Je relève la tête. Je suis à nouveau une Princesse… qui va pouvoir aller se coucher !

Digne, toujours !

Princesse

Publicités

Une réflexion sur “Princesse Grasse

  1. Samantha bonjour,

    Je suis l’heureux élu qui à tenue la princesse par les jambes au parking.

    El le comble, je n’avais pas compris le pourquoi du comment de cette posture, j’ai tourné comme figurant dans ce film à Monaco.

    Bisesss

    JL.G

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s