Cher François Truffaut,

hulk C’est étrange de vous écrire pour la première fois, alors que je vous connais si bien. Évidemment, que vous soyez mort est un obstacle. Mais au fond, mort, vous l’êtes si peu… Vous êtes sur nos écrans, nos librairies, dans les mots de Spielberg ou d’Assayas,  la Cinémathèque Française prépare une grande expo. Nous avons partagé peu de temps en commun sur cette terre, mais nous avons partagé bien autre chose : la rue Clauzel, la rue des Martyrs, la place Clichy, Catherine Deneuve (en rêve seulement pour moi, je dois l’avouer), l’amour des livres et bien entendu du cinéma.

Dans cette ville de Cannes, où jeune cinéaste, le Festival vous a fait roi, où vous avez été célébré, puis révolutionnaire de 68, puis honoré de la plus belle des façons après votre mort, tous vos acteurs sur scène, dans cette ville de Cannes où comme ailleurs les cinémas se sont appelés un jour Vox, Rex, Club, j’ai fait votre connaissance. Adolescent, même si l’on a plus d’amis que l’on n’en aura le reste de sa vie, on se croit toujours seul à connaître les affres de cette période. Au Rex, devenu ensuite magasin d’électronique, je suis allé voir « L’Argent de poche ».  Ce jour-là, J’ai mieux  compris ce qu’était la vie mais aussi le cinéma : parler à tous en général mais en même temps à l’oreille de chacun. Qu’un vieil homme d’au moins 35 ans me comprenne à ce point a tout changé. Le cinéma, et vous, êtes entrés dans ma vie pour ne plus la quitter.

Ce Festival 2014, François, je vais vous le raconter, du point de vue de ceux qui sont prêts à faire trois heures d’attente sous la pluie ou le soleil pour voir un film, de ceux pour qui ce ne sont pas les marches et la tenue de soirée  qui comptent mais de bavarder sur la Croisette à deux heures du matin avec un jeune réalisateur qui deviendra (peut-être) grand.

Je vais devoir vous laisser car comme on dit ici « Will you please take your seat, the showing is starting».  Cher François, je reviendrai bien vite vous voir, comme souvent, cimetière Montmartre, allée Berlioz, à quelques mètres de l’ancien et gigantesque Gaumont Palace où vous avez passé votre enfance. Bien entendu, comme d’habitude, vous ne serez pas là : vous serez au cinéma…

Respectueusement vôtre…

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